Conseil 19 : Pour toujours plus d’efficacité pédagogique. (Tous cycles)

 

La situation :

Les Instructions officielles commandent que les élèves disposent de tel objet de connaissance. Vous étudiez la question et créez un dispositif de rencontre entre cet objet de connaissance et les élèves. Le dispositif en soi ne présente pas de faille et pourtant les élèves ne s’y retrouvent pas et n’investissent pas l’activité comme vous le souhaitez.

 

Le défaut :

Vous êtes un bon technicien, ce qui signifie que vous concevez et réalisez des séquences conformes à la démarche préconisée : découverte de la situation, recherche, synthèse, formalisation, évaluation. Mais alors, où est le problème ? Il est dans la froideur et la rigidité d’une pratique de classe trop techniciste qui fait des élèves des machines, des robots tels les ouvriers de Charlie Chaplin dans les Temps modernes. Entendons-nous bien : qu’une partie de la journée se passe ainsi va encore, mais que cette mise en scène se reproduise toute la journée et le système relationnel se met à défaillir.

 

Je propose :

De mettre plus d’humanité. Oui, mais encore ? De pousser plus loin encore votre représentation de l’activité d’enseignement/apprentissage. Oui, mais comment ? En méditant ces 2 aspects :

 

1.     Lorsque l’élève comprend pourquoi apprendre, ça aide.

Dans le meilleur des cas, vos élèves ont perçu de quoi il s’agissait, vers quelles connaissances vous les guidez. Mais au fil des heures, le problème du sens de tout ça leur échappe. Pourquoi ? Parce que précisément vous n’abordez pas avec eux la question du pourquoi. Pourquoi vous ai-je donné ce travail ? À quoi cela sert-il de travailler ces connaissances ? Cette dimension humaine du rapport au métier d’enseignant est relative à l’histoire des connaissances. Pourquoi les hommes en sont arrivés là, qu’est-ce qui a pu les motiver pour mettre leur intelligence à construire ces savoirs ?

 

2.    Laisser du temps entre la découverte de la situation d’apprentissage et sa réalisation.

Mais le problème du sens est aussi travaillé par le peu de réactivité accordée aux élèves à la possession de l’activité. Sitôt exposée, sitôt mis au travail ! Or, les élèves ont besoin de mûrir la situation et donc de temps pour cela. Ainsi, je propose de voir 2 phases bien distinctes à toutes situations d’enseignement/apprentissage : une phase de présentation et une phase de réalisation à dissocier systématiquement dans le temps, c’est-à-dire qu’il doit y avoir un temps de latence entre les 2 phases qui ne doivent pas s’enchaîner, qui ne doivent pas se suivre l’une l’autre. C’est dans ce temps d’incubation qui est comme un souffle donné à l’élève, une clairière, un espace pour se reprendre et rassembler ses forces, c’est dans cet intervalle qu’il va s’emparer de la situation, s’imprégner de l’objet de connaissance et mûrir des procédures de réalisation. De quelle durée doit être cet intervalle et que fait l’élève dans l’espacement ? La durée entre les 2 phases va dépendre de votre ressenti face à la situation (plus c’est complexe, plus il faut laisser de temps) et de paramètres externes (y a-t-il déjà un travail en cours ou une récréation en approche ?). Cette durée peut donc être de quelques minutes à… le lendemain. Le mieux, par expérience, étant de ne pas hésiter à reporter au lendemain la phase de réalisation car dans ce cas, et à condition que vous ayez bien réussi votre phase de présentation, la nuit aura fait son œuvre ! Le temps venu d’entrer dans la phase de réalisation vous apprécierez déjà de pouvoir faire réexpliquer le travail par un élève volontaire qui offrira ainsi une deuxième chance pour ceux demeurés rétifs la 1ère fois et développera encore plus le sentiment de réussite pour tous les autres. Puis, vous aurez la surprise et la satisfaction de voir que vos élèves se consacrent totalement à votre petite entreprise pédagogique.

Mais alors, que font les élèves après une phase de présentation vous demandez-vous fort justement ? Ils se livrent à la phase de réalisation d’un travail présenté antérieurement bien sûr. Diantre ! Ou reprennent une phase de travail présentée antérieurement car une phase de présentation peut s’insérer dans une activité en cours pour peu que celle-ci soit un peu longue et que lui donner un peu d’oxygène au passage ne lui soit que bénéfique !

 

Ce dispositif accroît le rendement des élèves car c’est la recherche de l’efficacité pédagogique qui fait que cette gestion particulière de l’activité s’est imposée à ma pratique. Or, ce dispositif, qui part de l’observation des élèves, est largement conditionné par ce qui caractérise le fonctionnement de l’enfant mis en demeure d’apprendre plusieurs fois par jour ce que l’on a décidé pour lui : du temps, l’enfant a besoin de temps pour s’approprier le contexte, pour prendre possession de la situation et pour comprendre ; bref, toutes choses qui font de lui tout sauf une machine !

 

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